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Le Régime Crétois

Qu'est-ce que le régime crétois ? Origines et définition

01 mai 2026 Maria LE PRESTIGE CRETOIS 79 vues
Table méditerranéenne crétoise avec légumes et huile d'olive

Le régime crétois, en Crète, personne ne l'appelait comme ça. C'était la cuisine de tous les jours, faite avec ce que donnaient le jardin, les collines et les oliviers. Un art de vivre transmis de génération en génération, devenu célèbre grâce aux chercheurs. Aujourd'hui, c'est l'un des modes alimentaires les plus étudiés au monde. Voici d'où il vient et ce qui le définit.

Les origines du régime crétois

Tout commence à la fin des années 1950. Le chercheur américain Ancel Keys lance l'Étude des Sept Pays. Il compare l'alimentation et la santé cardiovasculaire d'hommes d'âge mûr en Finlande, aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Italie, en Yougoslavie, au Japon et en Grèce, notamment en Crète.

Les chercheurs observent que les hommes suivis en Crète ont parmi les taux de mortalité cardiovasculaire les plus bas de l'étude. Leur assiette n'était pourtant pas pauvre en matières grasses. Mais ces graisses venaient surtout de l'huile d'olive. Et la vie était faite de travail aux champs, de marche et de repas partagés.

Keys restait prudent. Ses travaux décrivent des liens entre alimentation et santé, à l'échelle de populations. Ils n'affirment pas de relation de cause à effet. Une partie des relevés en Crète a d'ailleurs été faite pendant le Carême orthodoxe. Ce point fait encore débat.

Qu'est-ce qui définit le régime crétois ?

Le régime crétois, c'est la version de mon île de l'alimentation méditerranéenne. Voici ce que les chercheurs décrivent pour la Crète des années 1960 :

  • L'huile d'olive comme matière grasse principale, pour cuire, assaisonner, tremper le pain. Dans ma famille, on avait nos propres oliviers. Chaque année, les enfants participaient à la récolte.
  • Beaucoup de légumes et de légumineuses : lentilles, pois chiches, fèves, fáva. Et les hórta, ces verdures sauvages qu'on cueille dans les collines.
  • Des herbes aromatiques fraîches ou séchées : origan, thym, sauge, dictame de Crète.
  • Du pain et des céréales : pain au levain, orge, et les paximádia, ces biscottes d'orge du dákos.
  • Peu de viande rouge. Plus souvent du poisson, un peu de volaille, des œufs, des fromages de brebis et de chèvre.
  • Des fruits en dessert et un peu de miel, plus souvent que du sucre.
  • Un peu de vin, au repas. Il faisait partie de la table traditionnelle, en petite quantité. Je le cite comme un fait d'histoire, pas comme un conseil.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Un malentendu revient souvent. En 2010, l'UNESCO a inscrit la diète méditerranéenne au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. L'inscription a été élargie en 2013. Pour la Grèce, c'est la communauté de Koroni, dans le Péloponnèse, qui la représente. Ce n'est donc pas « le régime crétois » qui est inscrit. Il en est pourtant un très beau visage.

La pyramide alimentaire crétoise

En 1995, une équipe de chercheurs a publié une pyramide alimentaire méditerranéenne. La Grecque Antonia Trichopoulou en faisait partie. Cette pyramide s'inspire des habitudes de la Crète, du reste de la Grèce et du sud de l'Italie au début des années 1960. À la base, ce qu'on mange tous les jours : légumes, fruits, pain et céréales, légumineuses, huile d'olive. Ensuite, le fromage et le yaourt, puis le poisson, la volaille et les œufs. Au sommet, ce qui reste rare : la viande rouge et les sucreries.

C'est cette structure qu'on appelle souvent la pyramide alimentaire crétoise. Elle décrit une façon de manger, pas une ordonnance.

Ce que disent les études, avec leurs limites

Après Keys, d'autres chercheurs ont étudié l'alimentation méditerranéenne. Deux études reviennent souvent.

À Lyon, la Lyon Diet Heart Study (1994) a suivi 605 personnes après un premier infarctus. Les chercheurs ont observé moins de récidives dans le groupe qui suivait une alimentation de type méditerranéen. Limite importante : ce groupe utilisait une margarine à base de colza, fournie par l'étude. Ce n'était donc pas tout à fait l'assiette crétoise.

En Espagne, l'étude PREDIMED a suivi 7 447 personnes à risque cardiovasculaire élevé. Les groupes « méditerranéens » ont connu moins d'accidents cardiovasculaires majeurs que le groupe témoin. L'étude a été publiée en 2013. Elle a été retirée puis republiée en 2018, après la découverte d'erreurs dans le tirage au sort. Les résultats sont restés proches.

Ces études portent sur une façon de manger dans son ensemble, chez des personnes précises. Elles ne disent pas qu'un aliment, seul, change quoi que ce soit à la santé.

Un art de vivre, pas seulement un régime

Le régime crétois n'a jamais été conçu pour maigrir. Les Crétois ne se privaient pas. Ils mangeaient avec plaisir, en famille, ce que la terre donnait à chaque saison. Il y avait aussi les jours de jeûne du calendrier orthodoxe, où l'on cuisinait sans viande. La convivialité, le respect des saisons et le lien avec la terre comptent autant que l'huile d'olive.

À Messei comme en ligne, je sélectionne les produits de la cuisine de chez moi : huiles d'olive vierges extra, miels, herbes séchées, légumineuses. Pas pour faire un régime : pour retrouver le goût de la table crétoise.

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