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Les monastères crétois…les gardiens de l’Orthodoxie…

Les monastères crétois…les gardiens de l’Orthodoxie… Les monastères crétois…les gardiens de l’Orthodoxie…

Dans les monastères de Crète survit une tradition monastique séculaire qui a connu son apogée durant l’ère vénitienne. C’est alors que la célèbre École crétoise de peinture connut son essor.

Sous l’occupation vénitienne, plusieurs monastères connurent un remarquable développement et, durant la renaissance crétoise, devinrent des foyers des arts et des lettres.

L’architecture, l’ornementation et la peinture d’églises et de monastères reflètent le dogme orthodoxe mais aussi les traits particuliers de chaque région et de chaque période.

Plusieurs monastères sont visitables et disposent d’importantes collections d’objets historiques et religieux.

Les plus anciens monastères préservés en Crète furent fondés lors de la deuxième ère byzantine (961 – 1204).

Selon les témoignages, lorsque les vénitiens sont arrivés en Crète pour s’y établir définitivement (1211), ils y trouvèrent plusieurs monastères en plein essor. Ce sont ces mêmes monastères qui ont soutenu l’orthodoxie et préservé la conscience nationale des Crétois lorsque les nouveaux conquérants ont décapité l’Église Crétoise et éloigné les prélats orthodoxes, afin d’établir leur occupation et d’exploiter l’île. Des membres érudits du clergé et des moines ont alors soutenu la vie monastique grâce à l’enseignement et au développement de monastères dans des régions éloignées.

Au 15e et au 16e siècle, plusieurs monastères orthodoxes fonctionnaient encore en Crète, en dépit des mesures d’interdiction mises en place par les autorités vénitiennes. Toutefois, des raisons politiques, sociales et économiques imposèrent à Venise de modifier sa politique en matière religieuse durant les 150 dernières années d’occupation de l’île. La puissance des ottomans avait dangereusement augmenté et ils menaçaient dorénavant la cohésion sociale et l’économie des vénitiens. Ainsi, ils estimèrent nécessaire d’améliorer leurs relations avec les crétois orthodoxes, afin d’en faire des alliés et de renforcer leur défense.

La liberté de religion qui prévalut alors eut pour effet une reviviscence marquée de la vie monastique en Crète ainsi que la création de plusieurs nouveaux monastères et la restauration d’autres, anciens et oubliés. Les raisons ne relevaient pas uniquement de la foi.

Les vénitiens avaient instauré des lois exemptant les moines de leurs obligations envers l’état et, notamment, du terrible service marin, c’est-à-dire, de l’obligation de servir en tant que marin, dans les galères vénitiennes.

Le 17e siècle était l’époque du grand essor des monastères de l’île. Alors, il existait plus de 1 000 monastères en Crète et le nombre de moines était supérieur à 6 000.

Les grands centres monastiques de l’île accueillirent d’éminents ministres qui ont créé une tradition monastique unique en Crète.

Certains d’entre eux devinrent prélat et patriarches, tels que Cyrille Loukaris, Patriarche œcuménique de Constantinople, et Meletios Pigas, Patriarche d’Alexandrie.

Lors de la Guerre de Crète (1645-1669), des dizaines de monastères furent détruits. Après la chute de l’île et l’établissement de l’occupation ottomane, la majorité des monastères se trouvant dans les grands centres urbains furent utilisés par les ottomans selon leurs propres besoins. En même temps, il fut interdit de fonder de nouveaux monastères. La réparation et la restauration des anciens monastères exigeaient des autorisations particulièrement coûteuses.

Ainsi, aux dures années qui suivirent, parmi les 1 000 monastères qui existaient avant 1645, survécurent uniquement ceux qui avaient la possibilité de répondre aux exigences des nouveaux occupants.

Dès la première année d’invasion de l’île (1645), pour des raisons purement politiques, les ottomans restaurent la hiérarchie orthodoxe en Crète et l’Église de l’île renoue les liens avec le Patriarcat œcuménique qui s’empressa d’offrir sa protection à plusieurs monastères crétois qui, dorénavant, relevaient directement du Patriarche.

Grâce à ce privilège, qui existait pour la plus grande partie de la première période de l’occupation ottomane (1645-1821), le développement économique des monastères crétois fut renforcé et la population monastique augmenta. Mais la majorité de ces monastères fut également détruite ou endommagée durant les révolutions crétoises (1821-1898).

Ce ne fut que lorsque la Crète se trouva sous administration égyptienne (1831-1841) que la réparation d’églises et de monastères fut librement autorisée.

Il semblerait, cependant, que lorsque la Crète se retrouva sous administration ottomane (1841) celle-ci adopta une politique plus clémente envers les monastères, jusqu’à 1851.

Cette politique fut renforcée par la Charte d’Halep (1878) et la pleine reconnaissance de la liberté de religion sur l’île.

Dès le début de l’Autonomie crétoise (1898-1913), la situation des monastères crétois semble se préciser. Dorénavant, ils sont tous régis par les lois et les règlements adoptés, au départ, par l’État crétois et, ensuite, par l’État hellénique (1913 jusqu’à nos jours), en consultation avec le Patriarcat œcuménique et l’Église Crétoise.

source: http://orthodoxcrete.com/fr/crete/#section11
Rédigé le  1 avril 2016 15:36 dans La CrèteReligion - Eglise  -  Lien permanent

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